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Quelques bonnes raisons d'aller voir "l'esprit du Bauhaus" aux Art Déco

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Quelques bonnes raisons d'aller voir "l'esprit du Bauhaus" aux Art Déco

charlotte woivre

Il nous vous reste plus que quelques jours pour aller voir l'exposition "l'esprit du Bauhaus", présentée du 19 octobre 2016 au 26 février 2017 aux Arts Décoratifs de Paris (et en nocturne ce weekend). Courez-y !

Le Bauhaus, "c'est un style particulier" me direz-vous. C'est un mot qui sonne un peu austère, un peu froid. Il cache pourtant une véritable révolution artistique, sans laquelle le design et l'architecture du 20e n'auraient pas eu le même visage. Nous n'avons que trop peu d'occasion de se familiariser avec ce mouvement artistique aux sources multiples, qui ne dura à peine 14 ans, et l'exposition "l'esprit du Bauhaus" est surement l'une d'elle. 

Au delà du style pictural et architectural, l'exposition permet également de dresser un état des lieux de la naissance du Bauhaus, mais également de rentrer dans l'intimité de l'Ecole, avec ses nombreux ateliers d'artistes, enseignants et professeurs réunis, et enfin, de découvrir les oeuvres de certains artistes contemporains qui se sont inspirés du Bauhaus dans leur travail. Une exposition 4-en-1 !


Arts and Crafts représenté par William Morris

Arts and Crafts représenté par William Morris

Arts and Crafts représenté par William Morris

Arts and Crafts représenté par William Morris

Les racines du Bauhaus

Les premières salles de l'exposition sont dédiées aux sources multiples du Bauhaus. Souvent considéré comme une mouvement artistique créé en rupture et en opposition avec son temps, l'exposition permet au visiteur de comprendre, au fur et a mesure des salles, ce que le Bauhaus à pu puisé à l'organisation des cathédrales en Europe, mais également au Arts and Crafts britanniques, à l'utopie viennoise, les Wiener Werkstätte.

"En 1897, Gustav Klimt, alors soutenu par un groupe d'architectes et de plasticiens, rompt avec la création académique et bourgeoise qu'il juge obsolète, pour fonder la Sécession viennoise. En prônant un renouvellement de la forme artistique, cette association se développe autour de la revue Ver Sacrum (printemps sacré), avec des figures emblématiques, comme Josef Hoffman, koloman Moser et Josphef Olbrich. Cet élan moderne s'épanouit avec l'établissement des Wiener Werkstatte (ateliers viennoise) en 1903. Créés par Fritz Waerndorfer et des membres de la Sécession comme Hoffmann et Moser, ils se composent d'ateliers artisanaux et de bureaux d'architectes, où se forge une conception du Gesamtkunstwerk (oeuvre d'art totale) influente pour le Bauhaus."
Wiener Werkstätte représentée par Koloman Moser

Wiener Werkstätte représentée par Koloman Moser

koloman moser The Savannah Bananas
WW

L'Ecole du Bauhaus

Comme chacun sait, le Bauhaus ne se résume pas à un mouvement artistique et culturel Allemand, il fut également un lieu d'expérimentation, d'enseignement et d'expression. Le Bauhaus est une école née en Allemagne au lendemain de la Première Guerre mondiale, lors de la naissance de la République de Weimar : à l’instigation d’Henry van de Velde, peintre, architecte et décorateur belge et de Walter Gropius, architecte et designer allemand, l’école des arts décoratifs et l’académie des beaux-arts de Weimar sont réunies en une seule école qui prend pour nom “Bauhaus”. 

En allemand, « Bau » signifie bâtiment, construction et « Haus », maison. Le Bauhaus, c’est donc la maison du bâtir, mais c’est surtout une école complètement atypique qui rêve de réformer l’enseignement pour mettre en œuvre des idées révolutionnaires. Son but était de faire disparaître les barrières qui existaient entre l'art et l'artisanat, pour faire émerger une création artistique tournée vers l'utilitaire.

La portée innovatrice de l’école choque et provoque l’hostilité des milieux académiques et bourgeois de Weimar, elle doit déménager en 1925 à Dessau et construit un nouveau bâtiment (voir image). Beaucoup plus politisée et tournée vers le social, l’école s’intéresse de plus en plus à l’architecture et en 1930, Mies van der Rohe devient son nouveau directeur. Mais la montée du nazisme ne lui laissera pas le temps de mettre en œuvre toutes les réformes qu’il souhaitait. En 1932, le Bauhaus doit à nouveau fermer et quitter Dessau. Il renaît une dernière fois à Berlin pour une période de courte durée. L’école est finalement dissoute en 1933 par les nazis qui y voient le « berceau du bolchevisme culturel » et affublent le Bauhaus d'"art dégénér”. Certains professeurs partent pour les États-Unis et l’esprit de l’école renaît en 1937 à Chicago à travers l’Institut of Design et où seront posées les bases de l'architecture moderne et du style international.


Les Ateliers de l'ecole

 

Le mouvement de l’école du Bauhaus a été internationalement reconnu pour sa conception radicalement nouvelle de l’art : L’art au service de la fonctionnalité.

 

Pour cela, le programme passe d’abord par l’invention d’une nouvelle pédagogie : l’école est divisée en ateliers qui sont chacun dirigés conjointement par un artiste et par un artisan. La pluridisciplinarité au cœur du projet du Bauhaus se traduit par une ouverture à toutes les disciplines, qui sont traitées sans hiérarchie : arts du métal, du verre, du bois, du textile, de la peinture, de l'architecture, du théâtre, mais aussi photographie, danse, etc.

Des stages étaient organisés avec l’aide des industriels de la région. L’objectif premier était de trouver des formes artistiques susceptibles d’être reproduites industriellement afin de redonner à l’art une place centrale. Au « Bauhaus », on apprend donc à créer des objets à la fois esthétiques, fonctionnels et innovants, destinés à une production en série, pour que l'art puisse entrer dans la vie quotidienne.

Le génie des directeurs successifs du Bauhaus sera de recruter les plus grands artistes de leur temps, sans aucune distinction de discipline ou de nationalité : Paul Klee, Kandinsky, Johannes Itten, Josef Albers, Max Bill, Lyonel Feininger, etc.

Gunta Stölzl, 5 Chöre, 1928

Gunta Stölzl, 5 Chöre, 1928

Anni Albers, Étude pour une tapisserie non réalisée, 1926 © The Josef and Anni Albers Foundation / VG Bild-Kunst, Bonn


Ensemble de 18 pièces de vaisselle Kubus par

Ensemble de 18 pièces de vaisselle Kubus par

Wilhelm Wagenfeld - Bremen, Allemagne - 1990

Wilhelm Wagenfeld - Bremen, Allemagne - 1990

Le Bauhaus, une suite possible

Intitulée "LE BAUHAUS, UNE SUITE POSSIBLE", la dernière partie de l'exposition permet au visiteur de découvrir, non sans surprise, une sélection d'oeuvres d'art contemporaines sélectionnées par l'artiste Mathieu Mercier. Plasticiens, designers, graphistes ou encore créateurs de mode, 49 artistes (tous nés après 1960) repartis dans le monde entier, qui poursuivent l'esprit du Bauhaus.

Une carte du monde de la répartition des oeuvres réalisées par les élèves et maitres du Bauhaus, dont l'héritage est considérable, est également présentée. Elle nous apprendra, au passage, que le camp d'extermination d'Auschwitz à été dessiné par Fritz Ertl, architecte diplômé du Bauhaus en 1931 (ceci vaudra toutefois une petite polémique, reléguée par le Télérama).

Muller Van Severen, « Installation », 2012 Cuir laiton propylène © Musée des Arts décoratifs, Paris, Jean Tholance

Muller Van Severen, « Installation », 2012 Cuir laiton propylène © Musée des Arts décoratifs, Paris, Jean Tholance