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Que retiendra-t-on d’Emmanuelle Khanh ?

charlotte woivre

La styliste Emmanuelle Khanh, l'une des pionnières du prêt-à-porter dans les années 1960, est décédée vendredi matin à son domicile parisien à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. « Elle nous a quittés dans son sommeil, emportée par un cancer contre lequel elle s’est battue pendant plusieurs semaines », a précisé son fils, Othello Khanh.

Biensûr, on retiendra d’elle ses immenses lunettes, mais Emmanuelle Khanh était surtout à l'initiative de la naissance du prêt-à-porter, donnant toute leur place aux stylistes (le mot apparaît alors) dans un monde où la haute couture régnait sans partage. Comme Sonia Rikyel, elle contribue à démocratiser la mode dans les années 1960, à une époque où régnait encore une vision très élitiste de l’élégance.

emmanuelle khanh

Les années Khanh

« J’étais en rébellion contre la haute couture qui n’était faite que pour une minorité de femmes, d’un autre genre de vie que le mien »

D'abord mannequin haute couture, chez Balenciaga et Givenchy, elle passe vite de l'autre côté du podium. Son crédo : créer pour la rue (et pour tous les budgets). Dans les années 60, où la femme est en pleine libération, sa nouvelle vision de la mode tombe à point-nommé. Avant de lancer sa griffe, elle invente un style pour les jeunes femmes de l’époque, avec des jupes à taille basse et des chemisiers à col long, complétés par des pulls maille chenille et des petites vestes épaulées. La silhouette Khanh naît, ce qui lui vaut d'être bien vite remarquée dans la profession. Miss Khanh est l'une des figures de la mode les plus courtisées des sixties. On la surnomme «la Mary Quant» française. 

« On portait les jupes très larges avec des petits jupons, moi j’avais fait une jupe taille desserrée et un petit gilet et des chemisiers avec des cols longs, que les journalistes ont baptisé “cols hirondelles” »
 

Exagérer le trait et assumer sa singularité, telle a toujours été sa signature. Une audace qui lui vaut son plus grand succès : les lunettes oversize et géométriques, lancées au début des seventies pour revendiquer sa propre myopie. La 50/50 : un accessoire fétiche réinventé depuis sous plusieurs versions, et completé par une nouvelle ligne, dédiée à la génération millennial. 

Emmanuelle Khanh à Paris en 1963. DALMAS/SIPA

Emmanuelle Khanh à Paris en 1963. DALMAS/SIPA

La mode, la mode, la mode

Le succès est au rendez-vous et elle lance en 1962 avec Christiane Bailly, la griffe Emma Christie. En freelance, elle dessine également pour Cacharel, Missoni et Dorothée Bis. En 1969, La Redoute la choisit pour inaugurer sa première collaboration avec un créateur : une collection de mini-manteaux, extra-cintrés.

Vêtements de ski, doudounes, parapluies, soutiens-gorge, fourrure : la créatrice lance sa griffe éponyme en 1971 « Elle est la première styliste à utiliser son nom pour griffer ses modèles, alors que jusque-là les stylistes restaient anonymes », rappelle notre historien préféré de la mode, Didier Grumbach.

A ce moment-là, il fonde la société Créateurs & Industriels, une plateforme de rencontres entre créateurs et industriels. Il participe en cela à lancer l'internationalisation de la mode et à maintenir Paris comme l'un des pôles de la mode mondiale. Les stylistes signent désormais leurs œuvres et deviennent des créateurs de mode, et bientôt des marques. 

emmanuelle khanh

La famille Khanh

Née en 1937 et orpheline dès l'enfance, Emmanuelle épouse l'ingénieur Quasar Khanh en 1957. Designer emblématique de la culture pop de la fin des années 60, il est le célèbre inventeur des fauteuils gonflables en plastique. Il crée une voiture transparente dans laquelle le couple fera sensation dans les rues parisiennes. Le duo de créateurs incarnait à lui seul l’avant-garde des sixties : pop, insouciant, audacieux. 

Couple aussi mythique que décalé, de leur union naîtra Othello en 1964, suivie par la petite Atlantique, ici, au milieu de leurs meubles en plastique.

emmanuelle khanh